Depuis novembre 2023, les femmes enceintes ont la possibilité de déclarer une sage-femme référente auprès de l’Assurance Maladie. Ce dispositif vise à améliorer la continuité et la coordination des soins pendant la grossesse et après l’accouchement.

La sage-femme référente constitue ainsi un interlocuteur privilégié pour accompagner la future maman tout au long de son parcours. Pour autant, la désignation d’une sage-femme référente ne signifie pas qu’il faut renoncer au suivi par un gynécologue. Dans de nombreuses situations, l’association des compétences de la sage-femme et du gynécologue permet au contraire une prise en charge particulièrement complète.

Qu’est-ce qu’une sage-femme référente ?

La sage-femme référente est une professionnelle choisie par la femme enceinte pour être son interlocuteur privilégié pendant sa grossesse et après son accouchement.

Son rôle est notamment de :

  • informer la patiente sur les différentes étapes du suivi de grossesse ;
  • réaliser la majorité des consultations de suivi lorsque la grossesse est normale ;
  • assurer des actions de prévention et d’éducation à la santé ;
  • faciliter les échanges avec la maternité et le médecin traitant ;
  • veiller à la continuité du suivi après l’accouchement ;
  • accompagner la patiente dans son parcours de soins.

La déclaration d'une sage-femme référente peut être effectuée dès la déclaration de grossesse et au plus tard avant la fin du cinquième mois. Le dispositif est prévu pour accompagner la patiente pendant la grossesse et jusqu'à 14 semaines après l'accouchement.

Il s’agit donc avant tout d’un dispositif de coordination et de continuité des soins.

La sage-femme peut-elle assurer seule le suivi d’une grossesse ?

Oui, lorsque la grossesse est normale et ne présente pas de facteur de risque particulier.

La Haute Autorité de Santé considère que, dans une grossesse sans situation à risque ou avec un faible niveau de risque, le suivi régulier peut être assuré au choix de la femme par une sage-femme ou par un médecin, notamment un gynécologue médical ou un gynécologue-obstétricien.

La sage-femme possède une expertise spécifique dans le suivi de la grossesse normale, l'accouchement physiologique, la préparation à la naissance et le post-partum.

Il ne s’agit donc pas de choisir entre "sage-femme ou gynécologue" comme s’il s’agissait de deux prises en charge concurrentes. Leur rôle peut être parfaitement complémentaire.

Pourquoi consulter un gynécologue lorsqu’on a une sage-femme référente ?

La présence d’une sage-femme référente peut justement être l’occasion de mettre en place un suivi coordonné avec un gynécologue.

Le gynécologue apporte une expertise médicale et gynécologique complémentaire, notamment lorsqu’il existe un antécédent, un symptôme, une anomalie clinique ou une situation nécessitant une évaluation médicale approfondie.

Sage femme referente

Consultation d'obstétrique Image générée par l'IA

1. Évaluer les facteurs de risque dès le début de la grossesse

Une consultation médicale en début de grossesse permet de rechercher d’éventuels facteurs susceptibles de modifier le suivi, parfois, mal dépistés ou mal maitrisés par une sage-femme.

Il peut notamment s’agir :

  • d’antécédents obstétricaux particuliers ;
  • d’une grossesse précédente compliquée ;
  • d’une hypertension artérielle ou d’un diabète ;
  • d’une maladie chronique ;
  • d’antécédents gynécologiques ou chirurgicaux ;
  • d’une grossesse obtenue après un parcours de PMA ;
  • d’une grossesse multiple ;
  • d’un âge maternel ou d’autres éléments justifiant une surveillance adaptée.

La HAS recommande d’évaluer le niveau de risque avant la grossesse lorsque cela est possible, puis au début de la grossesse et tout au long de celle-ci.

Cette évaluation permet de déterminer si un suivi classique est suffisant ou si l’intervention régulière d’un gynécologue-obstétricien est nécessaire.

2. Bénéficier d’une expertise gynécologique

La grossesse ne fait pas disparaître les autres problématiques gynécologiques.

Une consultation avec un gynécologue peut permettre d'aborder ou de prendre en charge des situations telles que :

  • douleurs pelviennes ;
  • saignements génitaux ;
  • pathologies du col de l’utérus ;
  • fibromes utérins ;
  • endométriose ;
  • kystes ovariens ;
  • anomalies gynécologiques découvertes pendant la grossesse ;
  • antécédents de chirurgie gynécologique ;
  • problèmes de fertilité ou parcours de PMA.

Le gynécologue peut également assurer le suivi gynécologique de la femme avant la grossesse et après l’accouchement.

3. Une consultation est particulièrement importante en cas de grossesse à risque

Certaines situations nécessitent une surveillance médicale renforcée.

Lorsque le niveau de risque est élevé, la HAS recommande que le suivi régulier soit assuré par un gynécologue-obstétricien.

Cela peut notamment concerner certaines grossesses multiples, certaines pathologies maternelles, certains antécédents obstétricaux ou l’apparition d’une complication au cours de la grossesse.

Dans ces situations, la sage-femme conserve néanmoins un rôle important dans l’accompagnement de la patiente et la coordination des soins.

Sage-femme référente et gynécologue : une complémentarité plutôt qu’une opposition

Il est parfaitement possible d’avoir une sage-femme référente tout en étant suivie par un gynécologue.

Cette organisation peut être particulièrement intéressante :

La sage-femme référente assure une continuité du parcours, accompagne la grossesse normale, réalise la majorité des consultations lorsque cela est approprié et joue un rôle important dans la prévention, la préparation à la naissance et le suivi postnatal.

Le gynécologue intervient pour l’évaluation gynécologique et médicale, la recherche de facteurs de risque, la prise en charge des pathologies et les situations nécessitant une expertise spécialisée.

La maternité prend ensuite en charge l’accouchement et les situations nécessitant une prise en charge hospitalière.

Cette organisation permet de bénéficier de compétences différentes mais complémentaires.

Faut-il consulter un gynécologue même lorsque la grossesse se déroule normalement ?

Cela peut être pertinent, notamment en début de grossesse ou lorsque la patiente souhaite conserver un suivi gynécologique régulier.

La première consultation de grossesse permet notamment de confirmer et dater la grossesse et d’établir le programme de suivi.

Une consultation gynécologique peut également être l'occasion de faire le point sur les antécédents, les traitements en cours, les vaccinations, le dépistage du cancer du col de l’utérus ou d’éventuelles pathologies gynécologiques.

Il n'est cependant pas nécessaire de multiplier systématiquement les consultations avec plusieurs professionnels lorsque la grossesse est parfaitement normale. L'essentiel est que le parcours soit cohérent, coordonné et adapté à chaque situation.

Et après l’accouchement ?

Le rôle de la sage-femme référente ne s'arrête pas immédiatement à l'accouchement. Elle participe au suivi postnatal et à la coordination avec la maternité.

La période qui suit la naissance mérite également une attention particulière.

Une consultation gynécologique peut notamment permettre de faire le point sur :

  • la cicatrisation après l'accouchement ;
  • les douleurs ou saignements persistants ;
  • le périnée ;
  • la contraception ;
  • la reprise de la sexualité ;
  • les éventuelles douleurs lors des rapports ;
  • le retour des règles ;
  • l'allaitement et les traitements compatibles lorsque cela nécessite un avis médical ;
  • le projet d'une nouvelle grossesse ;
  • le suivi gynécologique habituel.

Quand consulter rapidement un gynécologue ?

Une consultation médicale est particulièrement indiquée en cas de :

  • saignements pendant la grossesse ;
  • douleurs abdominales ou pelviennes inhabituelles ;
  • contractions ou symptômes évocateurs d’une menace d’accouchement prématuré ;
  • hypertension ou symptômes associés ;
  • anomalie constatée lors d’une échographie ou d’un examen ;
  • antécédent obstétrical important ;
  • pathologie maternelle nécessitant une surveillance ;
  • grossesse multiple ;
  • difficulté ou complication apparaissant au cours de la grossesse.

En cas de symptôme aigu ou inquiétant, il ne faut évidemment pas attendre une consultation programmée : la maternité ou les urgences obstétricales doivent être contactées selon la situation.

Une grossesse bien accompagnée est une grossesse bien coordonnée

La sage-femme référente représente une avancée intéressante dans l'organisation du parcours de maternité. Son rôle est précisément de favoriser la continuité des soins et de faciliter la coordination entre les différents professionnels.

Elle ne remplace donc pas nécessairement le gynécologue : elle peut travailler en complémentarité avec lui.

Pour une grossesse normale, la sage-femme peut assurer une grande partie du suivi. Lorsque la situation le justifie, le gynécologue apporte une expertise médicale et gynécologique supplémentaire et, en cas de grossesse à risque élevé, le gynécologue-obstétricien devient le professionnel de référence pour le suivi médical.

En résumé

Sage-femme référente et gynécologue ne s’opposent pas : ils sont complémentaires.

La sage-femme apporte une continuité remarquable dans l'accompagnement de la grossesse et du post-partum. Le gynécologue apporte son expertise dans le diagnostic et la prise en charge des pathologies gynécologiques et obstétricales.

Le meilleur suivi est donc celui qui est adapté au profil de chaque femme et coordonné entre les différents professionnels de santé.

Vous pouvez avoir une sage-femme référente et continuer à consulter votre gynécologue : il ne s'agit pas de choisir l'un ou l'autre, mais de bénéficier, lorsque cela est nécessaire, de leurs compétences complémentaires.

Cet article a une vocation d’information générale et ne remplace pas une consultation médicale personnalisée.

Sources

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